Je m’accours dans un parcours inconnu
Marches longues, pas las, regards déchois
Ame aveugle, esprit chétif et espoir déchu
Je pleure mon captif pourpré d’autrefois
Teint blafard, je sèche mes larmes sortant
Des ruches pendues dans mes amours mues,
J’ai soif, mille fois assoiffé, regard devant
Un serpent me retire, en dehors d’un ru, nu
Je me déflore, pourrit, ma tête engourdie
Je la dépose pieusement sur mon bureau
Je suffoque, j’entends des voix coolies
Je ferme les yeux, s’éclosent mes bourreaux
Je délire : cette vie nocturne te plait jouissament
Madame ; permettez-moi de vous répudier
Elle m’entendit ensanglante froide, m’affectant
Au cœur léger éjectant du sang dans mes lèvres mouillées
Des aiguilles, sans chas, en vain tissent
Les drapeaux de ma patrie où les chiens
Et les chats n’ont plus à manger. Ils agissent
Gros amour, leur dit qu’ils m’attendent, je viens
Les hommes par là, ils sont déjà passés hués
Des poubelles, ils ont pris tous les sachets
Ils épousent l’idée le jour, la nuit l’ont déjà répudiée
Vide de tout foie, visqueux avec des trous violets
Dans ma panne, j’attends parmi les passeurs
Une femme l’hymne de ma patrie
J’avais peur d’enfanter en fierté et en bonheur
Au milieu de la route, je rêve je ris
Le juge m’a demandé pourquoi j’ai tué
Un amour si fidèle, pourquoi ce lit brulé
Je lui réponds que la vie stérile ne dure
Qu’une journée enflammée et surement pure
La pluie s’abat abondamment sur ma tête chauve
Et des femmes, étoiles de midi, soleil de minuit
Déplument mes paupières et les colorent en mauve
Mes paroles prostituées s’enchainent et s’en fuient
Dans le labyrinthe de son rêve je rêve
Je me cherche au fond d’elle si elle pleure
Je m’ennuis, je sors vaincu avec une trêve
Recommencer toujours si elle sonne l’heure